Vive les louages

En Tunisie, on peut voyager en taxi partagé ou louage. Les véhicules peuvent recevoir 8 personnes et ne partent jamais à heure fixe : ils attendent que leur voiture se remplisse suffisamment (à 6 ou 7 personnes, on peut partir ; mais si on n’est que 2 et qu’on se sent disposé à payer assez pour compenser le nombre de passagers manquants… Le conducteur ne va pas se plaindre).

Un louage peut se remplir en quelques minutes. Ou pas. Dans la gare des louages, un grand parking carré, les conducteurs répètent le nom de leur destination, très vite, assez fort, en ouvrant à peine la bouche. Leurs voix se mélangent sans se couvrir. La sonorité m’est familière.

– SousseSousseSousseSousseSousse ! Lance notre conducteur, nerveux, une cigarette à la main.

Je sais pourquoi j’ai l’impression d’avoir déjà entendu tout cela : sur les marchés du dix-huitième, les vendeurs à l’étalage font l’article de leurs marchandises de la même manière. Eux aussi viennent du Maghreb.

Pour aller de Jendouba à Sousse, nous avons attendu deux heures ; une heure dans le louage, une pause où nous prévenons le conducteur que nous allons déjeuner et que nous revenons, une discussion sur les options alternatives qui s’offrent à nous en les frites et la salade tunisienne (tomates, oignons, concombres en petits dés), une demie-heure d’attente entre une femme en robe colorée, un type qui a un coup de coeur pour Rodrigo et lui donne un petit livre de prières en arabe avec son adresse e-mail, des hommes en chapeau de paille.

Enfin, le louage est rempli, nous partons. Vu la durée du trajet, le conducteur ne peut faire qu’un aller et retour par jour ; mais vu le prix, il travaille beaucoup par rapport à ce qu’il gagne.

La conduite du louage illustre des idées novatrices et intéressantes en matière de sécurité routière : les limitations de vitesse sont une vue de l’esprit, doubler un autre véhicule, ça peut se faire en franchissant la ligne, mais aussi en haut d’une côte, et aussi quand une autre voiture arrive en face. Malgré cette conduite risquée, nous arrivons sains et saufs à Sousse. Là, le chauffeur propose de nous emmener à Monastir pour une somme très modique : un autre de ses passagers doit y aller. Nous acceptons, évidemment, et nous retrouvons à notre destination à la tombée de la nuit. C’est notre premier contact, depuis une semaine, avec la Tunisie des touristes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s