Le jeu des 3 : semaine 48

Aujourd’hui, le jeu des 3 sera fait à partir d’impressions et d’images relevées en l’espace de quelques heures, entre la station de Birmingham New Street et le musée. Comme les notes ont été prises dans un environnement anglophone, en anglais, je donnerai d’abord la version anglaise du jeu des 3, puis la traduction.

1) A marked feeling of déjà-vu at Birmingham New Street, that lingered on in the station/airport in Brussels and Birmingham (actually, I was remembering a dream I had had a few weeks earlier).

1) Le sentiment de déjà-vu très prononcé face à la gare de Birmingham, qui s’est prolongée dans la gare/aéroport de Bruxelles et de Birmingham (correspondant en réalité à un rêve fait quelques semaines plus tôt).

La gare du rêve / The dream station

2) At the Birmingham Art Gallery, I saw a lion’s mask with antler horns and a human head inside (wooden, 18th century, meaning unknown: family arms?)

2) Au musée de Birmingham, un masque de lion avec des bois de cerf et une tête humaine à l’intérieur (tout en bois, 18ème siècle, signification inconnue : armes de famille ?)
Une sorte de lion, avec des bois de cerf, une tête d'homme... / A sort of lion, with antler horns, a man's head...

3) Two men dressed in a bright blue costume with fake abs handing out packs of Kleenex while their boss, wearing black, his face tense, is speaking in his hands-free set).

3) Deux hommes habillés en costume bleu vif avec de faux abdos distribuent des paquets de Kleenex tandis que leur chef, en noir, le visage crispé, parle dans son kit mains libres)

———————————————
As I re-read those notes, I thought that these facts were a perfect instance that things are often multi-layered and sometimes contradictory. I had read that dejà-vu was sometimes explained by the hypothesis that time is not linear, but simultaneous (ie that everything is happening all at once).

En relisant ces notes, je me suis dit qu’il s’agissait d’une illustration parfaite du fait que les choses ont souvent plusieurs aspects, parfois contradictoires. J’ai lu que le sentiment de déjà vu pouvait s’expliquer par l’hypothèse que le temps n’est pas linéaire, mais simultané (c’est-à-dire que tout est en train de se passer en même temps).

Here are the synopses:

Les synopsis :

1) A craftsman has made a mask that shows the link between his kin and animals: the deer, known by his family, and the lion, which they only know through visions and dreams. It shows that they all have counterparts: for one human of this particular family, there is a deer and a lion. If one of them dies before their time, the other two will know it by a dream, then go and avenge the untimely death by all means possible. The whole process is unconscious – ie they find their way through déjà-vu.

1) Un artisan a réalisé un masque montrant le lien entre sa famille et les animaux : le cerf, connu par sa famille, et le lion, connu uniquement par le biais de visions et de rêves. Le masque montre qu’ils ont des alter ego : pour un humain (de cette lignée particulière), il y a un cerf et un lion. Si l’un d’entre eux meurt avant son heure, les deux autres en seront informés par un rêve, puis iront venger cette mort prématurée par tous les moyens possibles. L’ensemble du processus est inconscient, c’est-à-dire qu’ils se repèrent grâce à un sentiment de déjà vu.

2) A man is preparing his suit for a marketing operation. He is really preparing to play a specific part requiring an elaborate masking and wants to get used to wearing a uniform. He is going to be an African warrior in a play. As he is handing out Kleenexes and observing those around him, he slowly builds up his character.

2) Un homme prépare son costume pour une opération marketing. En réalité, il se prépare à un rôle nécessitant un costume et un masque sophistiqués, et il veut s’habituer à porter un uniforme. Il va jouer le rôle d’un guerrier africain dans une pièce. En distribuant des Kleenex et en observant son entourage, il construit son rôle petit à petit.

3) the marketing operation: how everything that seems shiny and fun and enticing is actually managed by stern, stressed people thinking of keeping the business afloat or expanding. Like the man in the mask, both showcased and devoured by the lion. Story told through the point of view of the manager, who, while actors are trying to hand out samples in the street, is trying to cope with a situation where one of the ‘muscly’ men is attacked by an angry culturist (someone who is actually making an effort to get those muscles).

3) l’opération marketing : comment tout ce qui semble joli, attirant et sympa est en réalité une opération gérée par des gens stressés qui font la gueule et qui ne pensent qu’à maintenir leur activité ou à l’agrandir. Comme l’homme du masque, à la fois montré et dévoré par le lion. Histoire racontée du point de vue du manager, qui, tandis que les acteurs essaient de distribuer des échantillons dans la rue, tente de gérer une situation où l’un des hommes « musclés » est attaqué par un culturiste en colère (quelqu’un qui fait de réels efforts pour avoir ces gros muscles).

————————————
My favourite is clearly number 1.

Ma préférée, et de loin, c’est la 1.

————————————-

Hunters

Clip, clap. The prey was walking through his house, his wooden slippers clicking on the tiles. Keith January observed him as he went from the warm kitchen, enquiring to the cook when his roast would finally be ready, into his living room, to gaze at the fire.
Just his luck that the prey was a bachelor.
Keith shivered. Nights were getting chilly at this time of year. He thought that he should not strike, not yet, not when servants were still awake and about in the house. He felt a knot inside his body, a violent, undeniable urge to kill.
Briefly, he felt dismayed by what he was going to do. He had never been a violent man. Yet he knew exactly that he was going to do it, and how he was going to do it.
It was all because of kinship. His grandfather had explained how alliances had come to be struck in old days between man and animal; how, when one was killed, the other sought revenge. Conscience had no say in it.
The mask that Keith had carved for himself showed the specific boon, or curse, that lay on their family. It showed a man’s head inside a lion with antler horns. The man was both protected and devoured by the animal.
The prey was going to bed now. Keith could see a dim candlelight through the window. All the other windows were black.
Keith moved silently towards the back door, with a lightness of step he never knew he had.
All of it because of an animal, he thought. An animal to whom I was introduced as a boy and that I caught just a few glimpses of every year or so after that. An animal who got killed during a hunt by this man that I never met before. This man that I have to kill now, even though I hate the very idea of killing.
Resistance was pointless. He opened the back door and found his way upstairs through the dark.
The prey had not snuffed the candle yet. When he entered he looked at the prey in the eyes. He saw the fear that gripped the prey and forbade it to make a move.
I do not want to do this, he thought, and at the same time felt joy that the murder should happen so easily. I do not want to become a murderer, he thought, and placed his hands around the prey’s neck.
There is no room for conscience or thought in these moments. There is only room for instinct. Some are fighters and killers. Some are incapable of taking action because fear paralyses them. Some comply because they think that somehow they will be spared in the end.
Or some, like the prey, fight back when they see death approaching and get hold of the attacker’s neck, and hold it tight, and tighter, and tighter again, and cry for help, and plainly cry, and say that it was self-defense.

Les chasseurs

Clac, clac. La proie marchait dans sa maison. Ses chaussons en bois cliquetaient sur le carrelage. Keith January l’observa se rendre à la cuisine pour demander à la cuisinière quand le rôti allait être enfin prêt, puis aller dans le salon pour contempler le feu de cheminée.
Keith frissonna. Les nuits devenaient glaciales à cette époque de l’année. Il se dit qu’il ne devait pas attaquer, pas maintenant, pas quand les domestiques étaient encore debout, en train de vaquer à leurs tâches. Il sentit que son corps se nouait ; c’était le désir violent et indéniable de tuer.
Il se sentit perdu, l’espace d’un instant, devant ce qu’il s’apprêtait à faire. Il n’avait jamais été violent. Pourtant, il savait exactement qu’il allait passer à l’acte, et comment il allait commettre son acte.
Tout cela, c’était à cause de sa famille. Son grand-père lui avait expliqué comment des alliances avaient été nouées dans les jours anciens entre homme et animal ; comment, quand l’un était tué, l’autre se mettait en chasse pour la vengeance. Les histoires de conscience n’avaient rien à voir là-dedans.
Keith avait sculpté un masque, pour lui-même, qui montrait le don ou la malédiction qui affectait leur famille. Le masque montrait une tête d’homme à l’intérieur d’un lion avec des bois de cerf. L’homme était à la fois protégé et dévoré par l’animal.
La proie était en train de se coucher, à présent. Par la fenêtre, Keith pouvait distinguer la faible lueur de sa chandelle. Toutes les autres fenêtres étaient sombres.
Tout ça pour un animal, se dit-il. Un animal que j’ai rencontré petit garçon et que je n’ai fait qu’apercevoir quelques fois, chaque année environ. Un animal qui a été tué lors d’une chasse par cet homme que je n’avais jamais vu. Cet homme que je dois tuer maintenant, alors que je hais l’idée même du meurtre.
Toute résistance était inutile. Il ouvrit la porte de derrière et monta les escaliers dans l’obscurité.
La proie n’avait pas encore éteint sa bougie. En entrant, il regarda sa proie dans les yeux, et vit la peur qui l’avait saisie et l’empêchait de faire le moindre mouvement.
Je ne veux pas le faire, se dit-il, et en même temps il ressentit de la joie, car ce meurtre s’annonçait si facile. Je ne veux pas être un meurtrier, se dit-il, et il posa ses mains autour du cou de la proie.
Dans ces moments-là, il n’y a pas de place pour la conscience ou la pensée. C’est l’instinct qui commande. Certains luttent, et tuent. Certains sont incapables d’agir, tétanisés par la peur. Certains se laissent faire, croyant qu’en fin de compte, grâce à leur docilité, ils seront épargnés.
Ou d’autres encore, comme la proie, se ressaisissent en voyant la mort approcher et agrippent le cou de l’agresseur, et le serrent, et serrent encore, et encore, et hurlent pour qu’on leur vienne en aide, et fondent en larmes, et plaident la légitime défense.

Feedback welcome.
Commentaires bienvenus.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s