L’écrivain dans sa tour d’ivoire

Dans le post précédent, je qualifiais les écrivains de « manipulateurs » – Sharon et Andrea ont répondu à juste titre que « storytelling » convenait mieux.
Manipulateur a une connotation négative. Bien sûr, un écrivain tente de provoquer un effet sur ses lecteurs, de jouer avec leurs nerfs dans un roman à suspense ou de les faire réfléchir (parfois les deux, en deux temps différents). Mais cela relève davantage de l’art du conte, de l’art de la narration, que d’autre chose.
L’un des intervenants de la journée de la traduction littéraire avait utilisé ce terme, que j’avais repris parce qu’il me plaisait par son côté provocateur.
Provocation contre quoi ?
Contre l’idée que l’écrivain, ou tous les artistes en général, sont retranchés du monde, libérés de tous les impératifs commerciaux, à l’abri dans leur tour d’ivoire. Ce n’est pas vrai. Les artistes vivent dans le monde, au contraire, et tentent de le comprendre, d’aller au-delà de la surface des choses pour mieux les révéler, et les partager avec leur public.
Au quotidien, la plupart des artistes ne vivent pas de leur art. Ils ont un second métier, voire deux ou trois métiers différents, qu’ils aiment ou qu’ils subissent selon le cas. Ils participent à la marche du monde, comme tout un chacun. D’ailleurs, même (et surtout) ceux qui vivent de leur art ne planent pas au-dessus des considérations matérielles. Au contraire, ils ont développé le sens des affaires et ont une gestion saine de leur argent.

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2 réflexions sur “L’écrivain dans sa tour d’ivoire

  1. Tres juste. Meme, trop juste. Vu d’ici, cote americain, il n’y a presque plus que le commercial dans la plupart des « arts. » D’ailleurs, de plus en plus je me demande comment l’on peut distinguer entre « art » et « commerce. » Il me semble que les ecrivains wurtout sont tout d’abord preoccupes par la possibilitie de trouver an agent et un editeur, et donc, par les imperatifs de l’industrie de l’edition. C’est pourquoi j’ai publie mon roman sur un blog ou je parle au meme temps de toutes ces questions. Voir par example mes articles sur *Nobody Dies* (http://veronicas-nap.com/backstory/nobody-dies/), *Love to Hate Them* (http://veronicas-nap.com/backstory/love-to-hate-them/) and *The Flashback Sin* (http://veronicas-nap.com/backstory/the-flashback-sin/).

    Je connais aussi un grand nombre d’ecrivains americains qui re-ecrivent entierement leurs oeuvres une fois qu’ils signent un contrat avec une maison d’edition, sous direction de l’editeur, pour rendre le livre plus « marketable. » Tres, tres loin d’etre liberes des imperatifs commerciaux.

    Quant a vivre de son art, helas, il me semble que les seuls qui ont vraiment cette possibilite sont ceux ou celles qui ont connu un grand success….commercial.

    • Oui, vous avez fait un choix courageux aussi, celui d’avoir comme personnage principal une jeune femme qui n’est pas parfaite.

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