Le masque de la mort rouge, Edgar Allan Poe

En 1842, Edgar Allan Poe publie The Masque of the Red Death, une nouvelle qui sera traduite par Baudelaire et publiée en France en 1864, dans le recueil Nouvelles histoires extraordinaires.
La traduction de Baudelaire est disponible ici : http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/transver/nouvelle/nouvfan/poemas.htm

Dans cette nouvelle, les protagonistes sont les convives d’un bal, réfugiés dans un château pour échapper à la peste rouge qui dévaste le monde. Ils se distraient dans des fêtes, des bals costumés. Justement, l’un des invités, que personne ne connaît, a un costume d’assez mauvais goût : celui d’un pestiféré. Hélas, il s’agit de la peste rouge, qui contamine les convives et les regarde mourir… « Et les Ténèbres, et la Ruine, et la Mort rouge établirent sur toutes choses leur empire illimité. »

Ce qui m’a toujours plu dans cette nouvelle, c’est son audace. Enfin, on nous promet la fin du monde et on nous la donne. Combien de livres et surtout de films commencent par nous faire miroiter le grave danger de l’apocalypse, alors que nous savons très bien qu’un héros très gentil/des microbes très gentils (dans le cas de la Guerre des Mondes) vont sauver le monde à la fin ? L’enjeu de « sauver le monde en péril » est tellement rebattu qu’un film comme Inception glisse à peine dessus, comme au passage, parce qu’il faut bien, et de toute façon le véritable enjeu est que le protagoniste revoie ses enfants. Il gâche un peu, à la longue, le plaisir de lire des romans de Terry Pratchett, pourtant admirables à tous autres points de vue.

Dans Le masque de la mort rouge, on nous promet la fin du monde, et on l’obtient. Pas « la fin du monde mais le héros/une poignée d’irréductibles/Will Smith a survécu », non, la vraie fin, caput, ciao.

Il est bon, parfois, en tant qu’écrivain, de tenir ses promesses.

Léo Ferré

J’ai eu le plaisir de redécouvrir Léo Ferré et son « Thank You Satan » à l’occasion d’un baptême où je devais renoncer à Satan et à ses « basses œuvres », justement. Je ne sais toujours pas en quoi consistent précisément les basses œuvres de Satan, ni si l’on est censé croire à Satan en tant qu’entité réelle et pas en tant que dieu païen démonisé par l’Eglise chrétienne / bouc émissaire fourre-tout bien pratique, mais peu importe, pourvu que je puisse écouter la belle voix grave de Ferré.


Mais le morceau que je préfère, c’est « La Solitude ». J’y entends tellement de choses entre les mots… C’est le propre de certaines œuvres d’art : suggérer au-delà des mots quelque chose qui viendra nourrir l’âme de celui qui les reçoit.

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