Le choix de l’art dans les Contes d’Hoffman

Dans l’opéra d’Offenbach « Les Contes d’Hoffman », inspiré par des nouvelles du génial et alcoolique écrivain fantastique allemand, on dit que les héroïnes des histoires d’Hoffman ne sont qu’une seule et même femme, la Stella. Racontant l’échec de ses amours au cours d’une nuit de beuverie dans une taverne, Hoffman finit par renoncer à l’amour d’une femme pour suivre sa muse et se consacrer à l’écriture.

Si l’on admet que toutes les femmes des Contes d’Hoffman sont une facette de la Stella, il est possible de suivre son évolution. D’abord jeune fille timide dans l’histoire d’Olympia, poupée qui ne cherche qu’à plaire en chantant sa ritournelle (parodie grinçante de l’éducation des jeunes filles à l’époque…), elle devient ensuite Antonia, jeune femme passionnée qui fait passer son art au-dessus de tout, y compris sa santé et une vie domestique simple avec Hoffman. Elle meurt alors à ses yeux. Quand il la retrouve, c’est sous les traits de Giuletta, qui vit dans un milieu luxueux et bohème – comme une artiste à succès – et choisit ses amants. Elle se livre au libertinage et ne cherche pas à se marier : un mari pourrait se mettre en tête de lui dicter son comportement, et l’époque ne lui fournissait pas beaucoup de recours contre ce genre d’attitude.

Le problème d’Hoffman, c’est que Stella ne le fait jamais passer, lui, avant son art qui est le chant lyrique. S’il finit par choisir l’écriture, ce n’est qu’après que Stella l’ait rejeté, parce qu’elle avait fait, avant lui, le choix de l’art.

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Le masque de la mort rouge, Edgar Allan Poe

En 1842, Edgar Allan Poe publie The Masque of the Red Death, une nouvelle qui sera traduite par Baudelaire et publiée en France en 1864, dans le recueil Nouvelles histoires extraordinaires.
La traduction de Baudelaire est disponible ici : http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/transver/nouvelle/nouvfan/poemas.htm

Dans cette nouvelle, les protagonistes sont les convives d’un bal, réfugiés dans un château pour échapper à la peste rouge qui dévaste le monde. Ils se distraient dans des fêtes, des bals costumés. Justement, l’un des invités, que personne ne connaît, a un costume d’assez mauvais goût : celui d’un pestiféré. Hélas, il s’agit de la peste rouge, qui contamine les convives et les regarde mourir… « Et les Ténèbres, et la Ruine, et la Mort rouge établirent sur toutes choses leur empire illimité. »

Ce qui m’a toujours plu dans cette nouvelle, c’est son audace. Enfin, on nous promet la fin du monde et on nous la donne. Combien de livres et surtout de films commencent par nous faire miroiter le grave danger de l’apocalypse, alors que nous savons très bien qu’un héros très gentil/des microbes très gentils (dans le cas de la Guerre des Mondes) vont sauver le monde à la fin ? L’enjeu de « sauver le monde en péril » est tellement rebattu qu’un film comme Inception glisse à peine dessus, comme au passage, parce qu’il faut bien, et de toute façon le véritable enjeu est que le protagoniste revoie ses enfants. Il gâche un peu, à la longue, le plaisir de lire des romans de Terry Pratchett, pourtant admirables à tous autres points de vue.

Dans Le masque de la mort rouge, on nous promet la fin du monde, et on l’obtient. Pas « la fin du monde mais le héros/une poignée d’irréductibles/Will Smith a survécu », non, la vraie fin, caput, ciao.

Il est bon, parfois, en tant qu’écrivain, de tenir ses promesses.

Léo Ferré

J’ai eu le plaisir de redécouvrir Léo Ferré et son « Thank You Satan » à l’occasion d’un baptême où je devais renoncer à Satan et à ses « basses œuvres », justement. Je ne sais toujours pas en quoi consistent précisément les basses œuvres de Satan, ni si l’on est censé croire à Satan en tant qu’entité réelle et pas en tant que dieu païen démonisé par l’Eglise chrétienne / bouc émissaire fourre-tout bien pratique, mais peu importe, pourvu que je puisse écouter la belle voix grave de Ferré.


Mais le morceau que je préfère, c’est « La Solitude ». J’y entends tellement de choses entre les mots… C’est le propre de certaines œuvres d’art : suggérer au-delà des mots quelque chose qui viendra nourrir l’âme de celui qui les reçoit.

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La sensitive et la sentinelle

Avant-hier, au groupe d’écriture, j’ai lu un texte sur un souvenir d’enfance. C’était notre soirée à thème, nous avons tous partagé des textes plus ou moins fictifs, plus ou moins révélateurs sur notre enfance ; tous les textes étaient un plaisir à entendre.
Le mien était très révélateur, et son écriture avait été un moment intense.
Le texte était un portrait de l’enfant que j’étais à huit ans, et de l’adulte que j’étais devenue, le tout dans un ensemble de retours en arrière et d’ellipses vers l’avenir mêlées à une action bien précise : monter au sommet de la Tour Eiffel.
Pendant les trois heures qu’il m’a fallu pour l’écrire, j’ai d’abord pleuré. Alors, je me suis dit que c’était bon signe, parce que si je touchais quelque chose de profond en moi, j’avais une chance (pas une certitude, une chance) de toucher une corde sensible chez d’autres. Et j’ai continué.
Après avoir pleuré, je me suis ennuyée. J’en avais marre. Mais je me suis dit que c’était de la résistance, un phénomène courant. Nathalie Goldberg, dans son livre sur la créativité Writing Down the Bones, explique qu’un jour, elle a cessé d’écrire parce qu’elle se trouvait dans un état méditatif, joyeux et serein lorsqu’elle s’asseyait à sa table de travail. Elle en a parlé à son maître zen : était-ce le signe d’un progrès en elle ? « Non, tu es juste paresseuse. » lui répondit-il. « Remets-toi au travail. » Et c’est ce qu’elle fit, heureusement pour ses lecteurs. Sa résistance avait pris une forme insidieuse. Donc, face à mon ennui, j’ai quand même continué.
Le soir même, j’ai hésité avant de lire, jusqu’au dernier moment. Mais j’avais déjà imprimé dix exemplaires, j’avais annoncé que j’allais lire, je n’allais pas reculer.
Et j’ai lu.
J’avais peur de pleurer à nouveau, mais cela ne s’est pas produit. J’ai lu dans mon état habituel, repérant une faute de frappe, une faute d’orthographe, essayant de ne pas lire trop vite, faisant attention à l’humeur de mon auditoire : riaient-ils, étaient-ils attentifs ?
Ils ont aimé mon texte. Tout s’est bien passé.
L’état d’écriture est un peu comme l’état du jeu d’acteur : on est dédoublée. Il faut être à la fois complètement vulnérable, comme une plante sensitive qui réagit au moindre effleurement, et décidée, ferme, calme comme une sentinelle aux aguets. Une actrice est envahie par son rôle mais se souvient, en même temps, de ses marques sur le plateau ou sur scène. Un écrivain est plein de ses émotions mais ne se laisse pas submerger. Il y a l’euphorie, le rejet de ce qu’on vient d’écrire, l’envie de passer tout son temps à écrire, le refus d’écrire quoi que ce soit sur les pages de son cahier ou face à son ordinateur…

La remarque la plus amusante sur mon texte était cette annotation d’une jeune femme sur un dialogue, où j’avais transcris les mots que j’avais prononcés, enfant : « Une petite fille ne parlerait jamais comme ça. » C’était la seule remarque sur mon texte. Je veux bien admettre que j’étais une enfant précoce, mais j’ai travaillé avec des enfants de tous âges et de classes sociales différentes, et ils étaient tous intelligents, sensibles, observateurs, rien à voir avec la vision déformée des adultes…

L’écrivain dans sa tour d’ivoire

Dans le post précédent, je qualifiais les écrivains de « manipulateurs » – Sharon et Andrea ont répondu à juste titre que « storytelling » convenait mieux.
Manipulateur a une connotation négative. Bien sûr, un écrivain tente de provoquer un effet sur ses lecteurs, de jouer avec leurs nerfs dans un roman à suspense ou de les faire réfléchir (parfois les deux, en deux temps différents). Mais cela relève davantage de l’art du conte, de l’art de la narration, que d’autre chose.
L’un des intervenants de la journée de la traduction littéraire avait utilisé ce terme, que j’avais repris parce qu’il me plaisait par son côté provocateur.
Provocation contre quoi ?
Contre l’idée que l’écrivain, ou tous les artistes en général, sont retranchés du monde, libérés de tous les impératifs commerciaux, à l’abri dans leur tour d’ivoire. Ce n’est pas vrai. Les artistes vivent dans le monde, au contraire, et tentent de le comprendre, d’aller au-delà de la surface des choses pour mieux les révéler, et les partager avec leur public.
Au quotidien, la plupart des artistes ne vivent pas de leur art. Ils ont un second métier, voire deux ou trois métiers différents, qu’ils aiment ou qu’ils subissent selon le cas. Ils participent à la marche du monde, comme tout un chacun. D’ailleurs, même (et surtout) ceux qui vivent de leur art ne planent pas au-dessus des considérations matérielles. Au contraire, ils ont développé le sens des affaires et ont une gestion saine de leur argent.

L’écrivain, pas un communiquant ?

Hier, j’ai passé la journée au Salon du Livre pour une journée consacrée à la traduction littéraire.
En passant devant le stand de Radio France, j’ai entendu une personnalité expliquer doctement que « l’écrivain n’était pas un communiquant ». L’expression est étrange : bien sûr que si, un écrivain est un communiquant. En écrivant ses expériences ou les histoires que l’on imagine, ne cherche-t-on pas à les communiquer ?
Plus tôt dans la journée, l’un des intervenants, un traducteur, avait déclaré que les écrivains étaient des manipulateurs, et que le traducteur devait comprendre leur technique de manipulation pour s’en faire l’écho. C’est vrai : pour prendre un exemple évident, les auteurs de thriller ménagent le suspense dans leurs romans. Les auteurs « classiques » sont également manipulateurs, puisqu’ils cherchent à provoquer des réactions chez leur lecteur.
Certes, on n’est pas communiquant et manipulateur au sens où on écrit pour refourguer aux gens des fours à micro-ondes ou leur forcer la main pour prendre un crédit à la conso.
Mais cela n’en reste pas moins de la communication, et de la manipulation, sans forcément avoir de connotations négatives.

Découverte musicale

En faisant des recherches pour une histoire qui se déroule au MIM, j’ai découvert leur instrument du mois : le violon de Hardanger, ou hardingfele.

L’instrument vient d’une région méridionale de Norvège, également connue pour ses broderies. Il s’agit d’un violon richement décoré d’incrustations en nacre et de motifs peints. Sa particularité est de posséder quatre ou cinq cordes « sympathiques », appelées ainsi parce que, situées au-dessous des cordes principales, elles ne sont pas touchées par l’archet, mais vibrent à l’unisson. Cela donne une sonorité double et des sons très doux, un peu fantomatiques.

Qui dit hardingfele dit Annbjorg Lien, violoniste norvégienne dont j’apprécie particulièrement ce morceau.

Avec un instrument pareil, les légendes abondent : les trolls connaîtraient les plus belles mélodies, et seraient prêts à les enseigner aux musiciens intrépides… le diable serait le prof de tous les joueurs de hardingfele… Les violonistes auraient-ils une dent contre leur prof et les difficultés de l’apprentissage pour dire des choses pareilles ? Quoi qu’il en soit, le morceau traditionnel suivant est censé être une mélodie composée par le diable, et ses accords sont appelés « les accords du troll » :

Hey Baby

Vous êtes une femme. Depuis la puberté, vous savez que vous êtes en victime de viol en puissance. Vous savez que si vous sortez dans un jardin public, vous allez vous faire aborder avec plus ou moins de finesse – parce que si vous êtes sortie de chez vous, seule, en plus, ce n’est pas pour prendre l’air ou lire un livre (même si vous en avez sorti un) : c’est pour vous faire draguer par le premier venu. C’est évident.

Une créatrice de jeux américaine, après être tombée sur le lourdingue de trop, a créé un jeu vidéo, Hey Baby, sur le principe du Shoot ‘Em Up.

On dézingue les dragueurs lourds à coup de mitraillette, et une pierre tombale apparaît, portant leur phrase d’approche en guise d’épitaphe. C’est drôle, ça défoule et c’est un peu le pendant féminin de Duke Nukem (toutes proportions gardées).

Dans Courrier International, la journaliste Eleanor Mills explique son désaccord avec ce jeu : et la liberté d’expression ? Et la liberté d’aller dire à une inconnue qu’on la lècherait bien partout ? Et la libération sexuelle alors ?

Beaucoup (ici, et ici) se sont insurgés contre les propos d’Eleanor Mills, si réactionnaires que je me demande si l’article n’a pas été écrit pour déclencher une fausse polémique et faire un coup de pub au jeu, dont le principe est drôle et « parle » à toute femme de plus de quinze ans.

« Je ne veux pas vivre dans un monde qui réglemente à ce point les relations entre les sexes qu’aucun homme ne peut se sentir le droit de faire un commentaire sur mon aspect physique dans la rue » écrit l’auteur, qui ne précise pas si le commentaire doit être flatteur ou non. En effet, les plus minables des dragueurs ont une forte tendance à sortir « T’es moche » ou « Salope » soit en guise d’approche, soit pour se venger d’avoir été rejetés – au passage, la loi française sur la liberté d’expression exclut l’insulte et la diffamation, donc tous les lourdingues qui insultent les femmes en pleine rue outrepassent les limites de cette liberté.

D’une part, les hommes qui ont des paroles ou des gestes obscènes auront besoin de bien plus qu’un petit jeu vidéo pour laisser les femmes tranquilles. Mais s’ils peuvent se rentrer dans la tête que leur comportement est odieux, ce ne sera pas plus mal.

D’autre part, les rares hommes qui se contentent de faire un commentaire flatteur à une inconnue (de type « Vous êtes charmante ») savent très bien qu’ils ne sont pas insultants, et ne se sentiront pas menacés par le jeu. D’ailleurs, pourquoi des hommes ne joueraient-ils pas à Hey Baby ? Il paraît que certains hommes lisent les magazines féminins pour mieux savoir à quoi pensent les femmes (si c’est exactement comme les magazines, 60 % de pub et 40 % de remplissage, mais je digresse). Pourquoi ne joueraient-ils pas à Hey Baby pour avoir une connaissance imparable de la phrase à ne pas dire ?

Pour conclure, et si les femmes se mettaient à faire des compliments aux hommes dans la rue ? Sur leur mine, sur leur tenue, sur leur coupe de cheveux, leurs yeux, leur jambes ? Comment les hommes réagiraient-ils ? Est-ce qu’on aurait aussi le droit de leur dire qu’ils sont coincés s’ils n’apprécient pas ? Est-ce qu’on pourrait mettre les compliments de passage, les vraies tentatives de drague et les propositions obscènes dans le même panier ? Qu’est-ce qui serait souhaitable ?

De l’utilité de mettre une dizaine d’auteurs dans la même pièce

Depuis un an, je participe à un groupe d’écriture qui se réunit toutes les semaines à Bruxelles. Chaque fois, quelques personnes lisent leurs textes à voix haute, et nous prenons une dizaine de minutes minimum pour faire des critiques constructives sur chaque extraits.

Le groupe d’écriture est une habitude anglo-saxonne : celui que je fréquente est anglophone, même si l’anglais n’est pas la langue maternelle d’une bonne partie de ses membres. Il n’y a pas vraiment d’équivalent francophone, ce qui est bien dommage.

Pour commencer, cela casse le mythe que l’écriture est un travail exclusivement solitaire, nimbé d’un mystère d’Inspiration Créatrice. Bien sûr, les textes s’élaborent dans la solitude, mais aller lire régulièrement ce que l’on écrit a plusieurs avantages :

1) On apprend à recevoir des critiques.
C’est facile d’avoir un attachement sentimental à son texte. C’est même normal, vu le temps et l’effort qu’on y a consacré. Ce n’est pas agréable non plus de s’entendre dire que les personnages ne sont pas assez fouillés ou que la structure est bancale. Mais si on veut progresser, c’est essentiel de recevoir les critiques constructives d’autres passionnés, qui ont parfois des connaissances assez pointues en grammaire ou en structure narrative. Et si on veut se faire publier, il est quasiment inévitable que l’éditeur propose des modifications.

2) On apprend à faire le tri
Quand douze personnes critiquent le même texte, elles peuvent faire des observations et des suggestions très différentes, voire contradictoires. Certaines sont utiles, d’autres peuvent l’être pour un autre texte ou carrément un autre auteur – le mieux est donc de les laisser de côté.

3) On peut se fixer des dates butoirs
Si on travaille sans date butoir claire, il est facile de se démotiver et de laisser son idée de nouvelle ou de roman à l’état de rêverie : après tout, qui l’attend, ce texte ?
Si on a prévenu l’organisateur du groupe qu’on va lire un texte dans trois jours, évidemment, c’est différent. Plus d’excuses pour ne pas l’écrire, ou pour ne pas retravailler ce brouillon informe qui dort depuis des semaines sur le disque dur.

4) On lit son texte à voix haute
C’est un excellent conseil d’écriture : en lisant à voix haute, on voit mieux si le style est fluide, si les dialogues sont naturels, et si les événements s’enchaînent bien. Pourtant, on ne le fait pas, ou rarement. Dans un groupe d’écriture, non seulement on le fait, mais en plus, on assiste à la réaction du public : sont-ils captivés, rient-ils, sont-ils émus ?

5) On s’améliore en devenant meilleur critique
En écoutant et en lisant les textes des autres, et en s’appliquant à faire des critiques constructives, on apprend à affiner ses observations, à faire plus attention à la qualité des éléments de narration. Mieux on comprend la technique, mieux on peut conseiller les autres auteurs. On développe aussi son tact : écrire, ça exige du temps et de l’effort, et l’attachement affectif d’un auteur à son texte est très fort. Il faut donc présenter les choses de manière à ne pas blesser, donner des commentaires positifs en premier, et si on n’a pas aimé, on s’abstient de dire de but en blanc que c’est nul.
Dans le groupe, il y a longtemps, un type ne donnait que des critiques négatives qui flirtaient avec les attaques à la personne. On lui a dit poliment qu’il n’était pas le bienvenu.

6) On écoute des histoires gratuitement
Enfin presque. Chaque semaine, pour le prix d’un billet de train et d’une consommation, je peux écouter entre deux et trois nouvelles, poèmes ou extraits de roman. Souvent, les écrivains apportent des chapitres de leur roman, dans l’ordre. Un peu comme les soirées au coin de la cheminée où on se racontait des histoires à épisodes ou comme les romans-feuilleton du dix-neuvième. On écrit souvent parce qu’on adore entendre des histoires. Avec un groupe d’écriture, on est servi sur un plateau.

Faire partie d’un groupe d’écriture m’a permis de m’améliorer. Il m’arrive souvent d’y lire la première version d’un texte, puis de le retravailler à l’aide des commentaires et des réactions des autres : cela fait maintenant partie de mon processus d’écriture.

En France, les ateliers de création littéraire se font plus fréquents. Mais ils sont ponctuels. Un groupe d’écriture permet de tisser des liens sur la longueur, grâce à sa régularité. Si je reviens m’installer dans un pays (ou une région francophone), j’essaierai certainement d’en monter un.