Journée Ada Lovelace

C’est la journée Ada Lovelace : tout le monde est invité à raconter une histoire sur une femme s’étant illustrée dans le domaine des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques.
Naturellement, on peut parler d’Ada Lovelace, mathématicienne illustre qui a jeté les bases de l’informatique, héritière du talent de sa mère pour les mathématiques et regrettant toute sa vie l’absence de son père, ou encore d’Hedy Lamarr, émigrée/star hollywoodienne/co-inventrice du Wi-Fi (si, si).
Mais aujourd’hui, je préfère prendre un chemin de traverse et parler de Patricia de Nicolaï, parfumeuse. Le développement d’un parfum requiert de bonnes connaissances en chimie, d’élaborer des formules, et se fait dans un laboratoire… Ce qui la place donc dans la catégorie des sciences.
Née dans la famille Guerlain, Patricia de Nicolaï s’intéresse aux parfums – mais dans la maison Guerlain, la femme est une muse, une inspiratrice et non une créatrice. Le préjugé est d’ailleurs généralisé : la jeune femme a beau avoir étudié la chimie et la science du parfum à la prestigieuse ISIPCA, on ne veut pas l’engager car c’est une femme, qui donc se mariera, aura des enfants, et arrêtera logiquement de travailler (Source ici)
Elle se marie, mais loin de se retrancher derrière les fourneaux, elle acquiert de l’expérience puis fonde sa société de parfums avec son mari Jean-Louis Michau : Parfums de Nicolaï. Elle a une solide connaissance des parfums, lui du management. La société est l’une des premières à vendre, en plus des eaux de toilettes, des parfums d’intérieur : bougies, lampes… qui consolident l’activité.
Au fil des ans, les parfums de Nicolaï ont gagné la reconnaissance de nombreux perfumista, dont Luca Turin, qui ne tarit pas d’éloges sur New York, et, dit-on, de Catherine Deneuve, qui porterait Sacrebleu. Les parfums de leur gamme, de l’eau fraîche pour l’été à l’oriental sensuel et enveloppant pour réchauffer les jours d’hiver, ont tous de l’élégance, et du caractère.
Aujourd’hui, Patricia de Nicolaï dirige l’Osmothèque. Elle a été élevée au grade de Chevalier de la légion d’honneur en 2008.
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles j’admire Patricia de Nicolaï : elle a défié un destin familial, refusant d’être une muse (qui parfois est le nom poli de « potiche » comme on dit de quelqu’un de moche qu’il « a du charme ») pour être une créatrice ; sa maison est l’une des meilleures actuellement ; elle fait preuve d’un certain franc-parler, dans un secteur où le discours marketing est parfois à hurler de rire.
Au passage, elle a eu quatre enfants. Les gens qui lui prédisaient qu’elle arrêterait de travailler se sont donc trompés dans les grandes largeurs. Tant mieux pour nous.

Publicités